C’est la reproduction d’un processus naturel qui permet de décomposer les déchets organiques (déchets verts et de cuisine) en un produit très nutritif pour les plantes, proche de l’humus.

Cette transformation est le fruit de l’action d’êtres vivants. Il s’agit de micro-organismes (bactéries, levures, champignons microscopiques), larves de coléoptères, acariens, cloportes, collemboles, petits vers rouges (Esenia fetida).

LE COMPOSTEUR N'EST PAS UNE POUBELLE!!!

Il peut se comparer à un estomac qui digère les aliments grâce aux décomposeurs.

 

La recette pour obtenir un bon compost:

1) Avoir un bon rapport azote (ce qui est vert et mou: herbe, épluchures de fruits et de légumes) et carbone (ce qui est brun et dur: petites branches, feuilles mortes)


1 volume d'azote

+ 1 volume de carbone

= un bon rapport carbone/azote pour le compost


 Il est alors conseillé de stocker les feuilles mortes en automne pour les réutiliser au printemps avec les tontes de pelouse.

2) L'humidité

Le compost doit être comme une éponge humide mais pas détrempé. Les bactéries qui agissent sur le composteur se déplacent grâce aux mouvement de l'eau.

3) L'aération

Les bactéries sont aérobies (elles ont besoin d'air). C'est pourquoi il est important de bien mélanger les couches supérieur de son composteur pour y incorporer de l'air et fragmenter les déchets.

Si le compost est trop humide, l'eau va alors chasser l'air présent dans le compost.

Si l'air n'est pas présent, les bactéries anaérobies (qui se développent en absence d'air) vont se développer. Elle dégageront alors du méthane, responsable des mauvaises odeurs.

 4) Volume des déchets

 Plus les déchets dans le composteur seront gros et plus les bactéries mettront du temps à les décomposer. Il suffit alors de broyer, déchirer ou couper les morceaux trop grossiers (ex: épluchures de melon, ananas, pastèque..., boite à œufs en carton...)

 

Comment faire son compost par ADEME

 Voici quelques conseils pour obtenir un bon compost. Ils reprennent le contenu de la formation que nous proposons préalablement à la remise de votre composteur 345 ou 620 litres.

Comment remplir son composteur ?

Comment se déroule le processus de compostage ?

Quand et comment mélanger ?

Quand et comment aérer ?

Peut on composter des fruits et/ou légumes traités ?

Quelles précautions pour les plantes malades ?

Quelles sont les plantes à ne pas mettre dans le compost ?

Peut-on utiliser les aiguilles de pin ?

Que faire des racines et des plantes à graines ?

Compostage : quelles sortes de déchets ?

Faut-il utiliser un activateur de compost ?

Problèmes classiques de compostage et solutions

 

 

  • Comment remplir son composteur ?

L’idéal est de poser le composteur a même la terre que l’on griffe (prélever une pelletée de terre). Faire une première couche (10 cm environ) de produits secs (branchages, brindilles, feuilles mortes si possible broyées). Commencer à remplir le composteur avec les déchets du jardin et de la cuisine.

Lorsque l’épaisseur atteint une trentaine de centimètres, ensemencer avec la pelletée de terre prélevée ou de vieux compost. Bien mélanger ces premiers apports. Penser à arroser.

 

  • Comment se déroule le processus de compostage ?

Dans un premier temps, les éléments apportés dans le composteur vont être décomposés par des micro-organismes (bactéries, levures, etc.). Cette phase peut s’accompagner d’un dégagement de chaleur. Lorsque celui-ci aura pris fin, les « décomposeurs » (vers rouges, larves, cloportes etc.) interviendront.

Le compost est utilisable après 4 à 6 mois de transformation. Attention, à ce stade, il est trop frais pour être incorporé à la terre. Il doit être utilisé en paillage (en couverture sur la terre ou au pied des plantes). Sinon, attendre encore quelques mois pour qu'il parvienne à maturation.

Le compostage réduit le volume des matières d'environ 70 %, de sorte que votre composteur ne sera sans doute jamais plein.

Surveiller l’avancement du processus de compostage en ouvrant la trappe inférieure de votre composteur.

Il est difficile pour un particulier non expérimenté de déterminer l’état de mûrissement de son compost. C’est pourquoi nous vous conseillons de ne pas enfouir le compost, mais de l’utiliser comme un paillage, surtout au printemps au pied des plantes exigeantes : rosiers, tomates, pommes de terre, framboisiers, fraisiers (Recouvrir ensuite d'un paillage de déchets verts ex: herbe, feuilles mortes, paille...)).

 

  • Quand et comment mélanger ?

Idéalement il faudrait mélanger chaque apport nouveau dans le composteur avec les produits déjà contenus et formant la première couche (10 cm environ) : cette manipulation permet d’ensemencer en bactéries les apports nouveaux au lieu d’attendre qu’elles se propagent d’elles-mêmes. Une fourche, une griffe de jardin ou même un râteau pour enfant sont des outils idéaux (à vous de juger lors de la pratique ce qui vous convient le mieux).

Pour un résultat parfait : mélanger avant et après chaque nouvel apport.

 

  • Quand et comment aérer ?

Le fait de mélanger à chaque apport constitue déjà une bonne aération. On peut améliorer l’oxygénation faisant des trous avec un bâton, un fer à béton, dans l’épaisseur des produits en cours de compostage (1fois par quinzaine).

Le carbone tel que les feuilles mortes ou le broyat de branches permet une aération passive du compost (contrairement au carbone tel que la sciure de bois par exemple, qui va s'agglomérer ou le carton qui va devenir de la pâte)

 

  • Peut on composter des fruits et/ou légumes traités ?

S’ils étaient présents en grande quantité, les produits de traitement pourraient perturber le processus de compostage. A faible dose ces produits se dégradent tout de même. Eviter de mettre en une seule fois dans votre composteur une quantité trop importante de fruits ou légumes traités (non cuits)

 

  • Quelles précautions pour les plantes malades ?

Là encore, il n’y a pas de crainte à avoir si ce sont de petites quantités. La première phase du compostage détruit la plupart des germes et des graines ; en effet, la température à l’intérieur du composteur peut dépasser les 50°C.

Cependant, si votre composteur ne monte pas en température, vous pouvez faire un tas à côté et ainsi mettre les plantes malades à part.

  • Quelles sont les plantes à ne pas mettre dans le composteur ?

Certaines plantes ont des propriétés fongicides, insecticides et herbicides : c’est le cas du thuya, du cyprès. Il ne faut donc absolument pas en mettre dans le composteur.

En revanche, broyés, les coupes et tailles de ces plantes constituent un excellent paillis à utiliser pour les allées, les arbustes, les haies.

Ne pas les utiliser pour les plantes dont les racines sont proches de la surface du sol (plantes de terre de bruyère).

A noter que les feuilles du Noyer sont herbicides. Celles de la rhubarbe sont insecticides.

 

  • Peut-on utiliser les aiguilles de pin ?

Leur décomposition dans le compost est très lente. Très acides, elles peuvent entraver le processus du compostage. Mieux vaut les utiliser pour pailler les plantes de terre de bruyère.

 

  • Que faire des racines et des plantes à graines ?

En ce qui concerne les graines, si la température du compost monte assez, on peut les placer dans le composteur. Si l’on a un doute, mieux vaut les mettre à tremper plusieurs jours dans un seau d’eau : elles seront rendues inactives.

Pour les racines, il convient de les laisser sécher quelques jours avant de les placer dans le composteur.

 

  • Compostage : quelles sortes de déchets ?

Déchets de cuisine

Les graines de cucurbitacées (melon, courge, courgette, potiron) ne sont pas détruites lors du compostage. Il en est de même pour les graines de tomates. Tout cela se retrouve ensuite disséminé dans le jardin, pouvant constituer de bonnes surprises !

En quantité raisonnable (consommation familiale), les peaux d’agrumes peuvent être compostées. Veiller à bien les mélanger aux autres apports du compost. Ne pas les laisser se déshydrater.

A la condition d’en mettre très peu et de bien les enfouir, les déchets de poisson, de produit laitiers peuvent être placés dans le composteur. Recouvrir et mélanger évite l’apparition de mauvaises odeurs et d’attirer des nuisibles (rongeurs).

Les mêmes précautions sont à prendre avec les plumes, poils et viscères de volaille, lapin et petit gibier.

Les coquilles d’œufs et de moules peuvent être incorporées directement dans le composteur sous condition de bien les écraser.

Les coquilles d’huitres doivent être broyées : elles sont riches en calcium, phosphore et sels minéraux. Il en est de même pour les os qui peuvent être incinérés dans la cheminée pour faciliter leur broyage.

Les coquilles de noix se compostent mais très lentement : les broyer si possible.

La décomposition des résidus de broyage de pomme et de raisin est lente. A mettre en quantité limitée dans le composteur ou le tas.

Vous pouvez composter les essuie-tout et les filtres à café, mais attention aux papiers imprimés : Peu de crainte pour le papier journal en petite quantité. Attention cependant, les encres, surtout de couleur contiennent de nombreux produits chimiques.

Déchets de la maison

Vous pouvez de temps en temps apporter une poignée de cendre de bois dans le composteur. Cela apportera un complément de chaux, de potasse et de sels minéraux. Vous pourrez faire des apports plus importants lorsque le compost sera arrivé à maturation.

Ne pas utiliser de cendres de charbon qui contiennent des goudrons, ni de suie de cheminée.

Vous pouvez composter de la sciure ainsi que des copeaux fins de bois naturels (pas d’aggloméré ou contreplaqué qui contiennent des colles). Lors d’un apport de ce type, compenser l’excès de carbone par un apport important de déchets verts.

A l’inverse, apporter de la matière brune structurante (feuilles ou broyat) si vous verser des quantités importantes de tontes de pelouse dans le composteur. Vous pouvez également faire sécher l'herbe un à deux jours avant de l'y déposer dans le composteur.

 

  • Faut-il utiliser un activateur de compost ?

C’est inutile si vos apports dans le composteur sont équilibrés (azote: produits verts et carbone: produits bruns). Vous pouvez utiliser du purin d’ortie. L’urine est également un activateur naturel du compost !

 

  • Problèmes classiques de compostage et solutions :

Compost trop humide = mauvaises odeurs :

Penser à surveiller l’humidité dans votre composteur. L'idéal est d'avoir la sensation de toucher une éponge humide.

Trop humide, les éléments en cours de compostage dégageront une odeur putride d’ammoniac. C’est aussi le signe d’un excès de produits azotés et/ou d’une mauvaise aération.

Ouvrir le composteur, rajouter des matières sèches au mélange, recharger le composteur.

Si le compost est en tas : retourner le tas pour l’aérer, rajouter des matières carbonées sèches.

Présence de moucherons, d’asticots ? :

Ces petits vers sont des larves de mouches et moucherons qui contribuent activement au phénomène du compostage. En fait ce serait plutôt bon signe. Pour les éviter, penser à enfouir les apports de déchets de cuisine frais (en particulier les fruits). Pour s’en accommoder : ouvrir le couvercle du composteur, attendre quelques instants que les moucherons s’envolent avant de s’approcher du composteur.

Présence de champignons, de cloportes (en grandes quantités), fourmis :

Votre compost est trop sec et/ou trop pauvre en azote.

Veillez à une bonne humidification. Ajouter du purin d’orties.

Présence de grosses larves blanches :

Il s’agit non pas de hannetons mais de Cétoine dorée, un bel insecte qui adulte a une superbe carapace vert métallisé. Ces larves ne mangent que du bois mort, l’adulte se nourrit de pollen : aucune crainte donc pour les fruits et légumes du jardin. Ne les détruisez pas.

Mis à jour : vendredi 5 janvier 2018 15:40